Octobre a été un mois plus calme après The Ocean Race Europe. L’occasion de lever un peu le pied, de passer du temps en famille, de retrouver le plaisir du sport autrement, mais aussi de préparer la suite.
Après The Ocean Race Europe, tu as enfin pu souffler un peu ?
Effectivement, depuis le retour de The Ocean Race Europe, je suis majoritairement à terre et ça faisait longtemps que ce n’était pas arrivé !
Sur les douze derniers mois, j’ai passé quasiment six mois en mer ou en déplacement… alors cette pause fait du bien.
Faire l’impasse sur la Transat Café L’Or cet hiver, c’est aussi une façon de me ressourcer pour repartir à fond sur les saisons 2026 à 2028.
J’ai passé beaucoup de temps en famille, surtout avec mes enfants de 4 et 8 ans. Ma compagne est partie en mer à son tour pendant trois semaines, donc on a inversé les rôles ! Ça m’a permis de voir concrètement ce que c’est que le quotidien à terre, quand l’autre est en mer. Et franchement, c’est pas mal de voir l’autre côté du décor.
Au final, c’était une belle période : beaucoup de moments dehors, un été indien qui a duré, et surtout du temps de qualité avec mes proches.
Je me rends compte que je suis un meilleur marin quand je sais où est mon port : ma maison, mon foyer. Avoir ce repère me permet de me ressourcer entre deux grandes campagnes de navigation.

Et côté sport, tu n’as pas complètement coupé ?
Non, j’ai profité de ce temps à terre pour refaire du sport plaisir : un peu de VTT, de surf, et j’ai aussi remis les pieds sur un Waszp, ces petits dériveurs volants que j’adore.
En 2016, j’avais un Moth, puis je suis passé sur un Waszp en 2021 que j’ai revendu au début du projet Vendée Globe 2024.
Cet hiver, Corentin Horeau m’a gentiment prêté le sien. Je naviguer autant que possible, participe à quelques régates, sous le regard bienveillant de Manu Guedon, qui est aussi contrôleur sécurité de la classe IMOCA.
Ce que j’aime dans ce circuit, c’est de croiser tous les jeunes : ils ont une autre manière de naviguer. Je me fais déposer par des ados qui ensuite viennent m’expliquer comment régler mon bateau !
C’est hyper sain, très inspirant !


Le projet Vendée Globe 2028 continue d’avancer ?
Oui, il se construit pas à pas. On a posé des bases solides de ce qu’on veut faire, sportivement mais aussi humainement et dans nos valeurs.
C’est vital pour moi de continuer à renforcer notre soutien à Adapeila et au Fonds Handicap Agir Ensemble, et de parler davantage de ce qu’on fait pour un sport accessible, efficace, sobre, et engagé environnementalement.
Aujourd’hui, j’ai la chance d’être toujours soutenu par mes partenaires du collectif Cap Agir Ensemble, et pour atteindre notre objectif — naviguer sur un foiler de génération 2020 entre 2026 et 2028 — il faut continuer à convaincre de nouveaux partenaires, rencontrer les bonnes personnes, et proposer une offre qui réponde à une vraie demande.
Je suis confiant : ce qu’on sait faire, il y a peu de gens qui le font. Et dans un contexte économique tendu, savoir performer avec des moyens raisonnables, c’est une vraie force. Ça résonne avec notre promesse : efficacité et limitation de l’empreinte environnementale.
Aujourd’hui, on est un peu plus à la moitié de l’objectif. Il faut garder le cap, ne pas se relâcher, continuer à bosser. Et franchement, le fait d’avoir mis tout ça noir sur blanc me renforce encore plus dans mon envie : faire ce deuxième Vendée Globe en 2028.
Et à quoi va ressembler ton année 2026 ?
Fin 2026, il y aura la Route du Rhum, première transat en solitaire du cycle Vendée Globe 2028.
J’ai évidemment très envie d’y être ! C’est une course mythique, avec de belles retombées pour nos partenaires.
L’idéal serait de pouvoir participer à toutes les épreuves des IMOCA Globe Series 2026, mais ça dépendra de notre progression sur la partie partenariale et entrepreneuriale.
On verra à quel moment on pourra entrer dans le concret : exploitation du bateau, premières navigations…
On a fait une bonne partie du chemin, il en reste une à accomplir, et je suis extrêmement confiant.
On se retrouve à la conférence du 4 décembre ?
Oui ! On vous donnera des nouvelles et des innovations qui vont nous permettre d’aller encore plus loin, de renforcer notre compétitivité et notre offre.
Je n’en dis pas plus pour l’instant… mais réservez la date 😉