Bonjour à toutes et à tous !
Février est un mois un peu particulier.
C’est une période où l’on avance différemment : moins de navigation, mais beaucoup de travail en coulisses. Rencontres avec les partenaires, préparation physique, réflexion sur la suite du projet…
Et souvent, c’est dans ces moments-là que se construit réellement la suite.
Alors j’avais envie de partager avec vous ce qui se joue pendant ces phases moins visibles, mais essentielles pour la suite de l’aventure.*
Ce qui me fait me lever le matin
Même sans course programmée, l’objectif est très clair : le Vendée Globe 2028.
L’envie de refaire ce tour du monde est intacte.
Mais pas pour le refaire à l’identique.
L’ambition sportive est assumée : viser un Top 10 en 2028.
Et en parallèle, continuer à porter ce qui fait l’identité du projet : l’engagement, la solidarité, la sobriété performante.
Ce qui m’anime profondément, c’est de lier un défi sportif exigeant, qui me tient aux tripes, avec quelque chose d’utile, qui dépasse le simple challenge personnel.
La course, c’est quelques mois.
Le projet, c’est plusieurs années de construction.
Et c’est cette construction-là qui me motive chaque jour.
Attendre ou partir : qu’est-ce qui est le plus dur ?
La vérité, c’est que les deux sont difficiles.
En course, tout est clair : avancer le plus vite possible, gérer son bateau, gérer son énergie. Le rythme est intense, dense, sans pause.
À terre, c’est différent. Il y a plus de flou. Des discussions, des arbitrages, des décisions à prendre sans échéance immédiate.
Quand on part, on voit ce qu’on laisse.
Quand on attend, on voit ce qu’on n’a pas encore.
Avec l’expérience, j’ai appris que le plus dur n’est pas forcément l’effort.
C’est de réussir à profiter pleinement de l’instant présent.
C’est ce qui m’a beaucoup aidé sur le Vendée Globe 2024 : me dire que j’étais là pour en profiter. Et j’ai pris énormément de plaisir pendant cette course.
Aujourd’hui, le défi est différent : profiter aussi de cette phase de construction, tout en gardant le regard tourné vers l’avenir.
La préparation physique : performance… et équilibre
Je fais beaucoup de préparation physique en ce moment.
Naviguer en IMOCA en solitaire est exigeant physiquement. On ne construit pas une condition sportive en quelques semaines. C’est un travail de fond, dans la durée.
Même quand il y a moins de navigation, il faut se préparer :
- pour encaisser la dureté du solitaire
- pour éviter les blessures
- pour être performant le moment venu
Mais avec l’expérience, j’ai aussi compris quelque chose : la préparation physique est une forme de préparation mentale.
Se concentrer sur un mouvement, sur un geste, sur l’effort, permet paradoxalement de libérer l’esprit. C’est un véritable sas de décompression.
J’essaie autant que possible de m’entraîner en extérieur.
Le contact avec les éléments est essentiel pour moi. Le froid, la pluie, le vent… Le corps s’habitue à l’effort en environnement naturel. Et la course au large, c’est ça : évoluer dans les éléments
Faire différemment
J’ai dit que je ne referais pas un projet avec la même pression financière et temporelle que celle qui a précédé le Vendée Globe 2024.
Cette phase actuelle est importante.
Elle permet de définir clairement les limites :
- l’organisation du projet
- l’emplacement du bateau
- les temps de transport
- la structuration des partenariats
- la préservation de la “bulle” sportive
L’objectif est simple : élever le socle.
Le collectif a adoré l’expérience du Vendée Globe 2024.
Mais tout le monde a envie d’aller plus loin. D’être plus solide. Plus performant. Plus structuré.
Cette exigence ne concerne pas seulement le skipper.
Elle s’applique à l’équipe, aux partenaires, à l’ensemble de l’environnement du projet.
Oui, je veux y retourner.
Mais sur des bases plus solides.
Cette période de construction est là pour rendre tout cela concret, tangible, opérationnel.
“40° Sud” : plus qu’un album, un démonstrateur
L’album 40° Sud continue son chemin et rencontre un bel écho.
Au 27 février, il comptait 1 540 écoutes, avec une progression régulière.
Les médias ont relayé le projet : ICI Armorique, Ouest-France, Voiles & Voiliers, Le Télégramme, RTL2…
Et l’album a même été cité dans l’actualité officielle de la Route du Rhum !
Au-delà des chiffres, ce que ça démontre est fort.
Cet album est un véritable démonstrateur de la puissance d’un partenariat en course au large.
Audiotactic, partenaire du projet, a fait rayonner son savoir-faire en identité sonore grâce à cette collaboration. L’engouement de leurs équipes autour du projet a été impressionnant. Parfois, il faut presque leur rappeler que ce n’est pas leur cœur d’activité !
Comment mieux démontrer la compétence d’un partenaire que par un projet aussi abouti ?
Comment mieux illustrer l’impact interne d’un partenariat que par des collaborateurs qui ont envie de s’investir pleinement ?
Un partenariat, ça vit dans le temps.
Ça se construit, ça évolue, ça prend de l’ampleur.
Et cet hiver, c’est la musique qui a fait vivre le projet.
C’est une autre manière de faire rayonner la course au large.
Février n’a pas été un mois spectaculaire. Mais il a été un mois important.
Un mois pour continuer à avancer sans ligne de départ immédiate.
Un mois pour s’entraîner, structurer, consolider.
Un mois pour démontrer que le projet vit, même sans bateau en course.
Le large est toujours en ligne de mire.
Simplement, cette fois, on construit le chemin avec encore plus de lucidité.
Merci à toutes celles et ceux qui accompagnent cette aventure.
À très bientôt,
Sébastien