Bonjour à toutes et à tous !

Après plusieurs semaines intenses sur The Ocean Race Europe, me voilà de retour à terre. J’ai eu la chance de participer aux étapes 2, 4 et 5 avec Canada Ocean Racing. Trois moments de navigation exigeants, trois expériences riches où j’ai retrouvé ce que j’aime dans la voile : la performance, l’apprentissage et les rencontres humaines.

Au-delà du résultat sportif, j’ai eu l’occasion de prendre la parole samedi dernier lors du dernier événement de la course “Making Waves – Boka Bay” à Kotor. C’était une table ronde sur l’innovation, l’inclusion et l’impact des projets. À cette occasion, j’ai partagé ce qui m’anime profondément :

 » Ce qui m’a attiré en premier dans la voile, c’est une passion profonde pour l’océan. Avant de pouvoir en profiter, nous devons nous assurer qu’il est en bonne santé. C’est le fondement. L’eau est l’une des ressources les plus précieuses que nous ayons, et nous devons apprendre à la protéger et à la partager de manière responsable, surtout alors que la demande mondiale continue d’augmenter. Notre rôle de marins ne s’arrête pas à la compétition : nous avons aussi la mission de porter un message fort pour l’océan. »

Et cette conviction rejoint ce que je défends depuis toujours : mon projet ne se résume pas à une course, mais à une aventure collective qui relie performance et sens

Sportivement : le plaisir et l’apprentissage

Si je devais retenir une image sportive, ce serait ce bord de portant entre Nazaré et le cap Saint-Vincent. On avait 20-25 nœuds de vent, le bateau filait… À la barre, c’était grisant, des sensations uniques. Ce sont des moments rares, intenses, que je n’oublierai pas.

Mais il n’y avait pas que le plaisir. Ces étapes ont été de véritables laboratoires flottants. J’ai passé beaucoup de temps à ajuster : foils, voiles, matossage. L’idée, c’était de comprendre comment rendre ce bateau plus aérien, lui qui a tendance à enfourner. On a cherché à repousser ses limites.

Et à travers ça, il y a eu de l’apprentissage pur : comprendre le fonctionnement du bateau, tester, ajuster, chercher à chaque instant ce petit gain qui fait la différence.

Sobriété performante en action !

Ce que j’appelle la sobriété performante, je l’ai vécu tous les jours sur cette Ocean Race Europe.

Avant même le départ, j’ai dû me plonger dans une panne hydraulique : comprendre, diagnostiquer, échanger avec les spécialistes, réinstaller le système. À force, je suis devenu le référent du sujet dans l’équipe.

En course, c’est l’alternateur qui nous a posé problème. Petit à petit, il produisait de moins en moins d’énergie, jusqu’à ce qu’on doive couper beaucoup de consommations à bord. J’ai fini par diagnostiquer la panne juste aux symptômes, parce que j’avais déjà vécu ça sur mon bateau. Grâce à cette expérience, on a pu continuer à avoir de l’énergie jusqu’à l’arrivée.

C’est ça, la sobriété performante : réparer, optimiser, faire durer, trouver des solutions simples et efficaces plutôt que de tout changer. Et dans ces moments-là, je sens que mon côté “couteau suisse” est vraiment utile à l’équipe.

L’expérience humaine

Ça faisait longtemps que je n’avais pas navigué avec un équipage aussi nombreux. Après le Vendée Globe, on s’habitue à la solitude, à la concentration totale sur soi et son bateau. Là, j’ai redécouvert le plaisir du collectif.

Ce sont des rencontres incroyables : Scott, Pip, Bryan, Chris, Lincoln… chacun avait son bagage, son expérience. Et chacun enrichissait l’autre. On apprend des autres, on transmet aussi. C’est un échange permanent.

Ce que j’ai retrouvé aussi, c’est l’ambiance particulière de la course au large en équipage : on est concurrents, mais il y a énormément d’entraide, de moments partagés à terre, de discussions franches. C’est une vraie communauté.

Et puis, gérer un grand équipage, ça m’a ouvert les yeux. Moi qui avais toujours fonctionné avec une petite équipe réduite sur mon projet IMOCA, j’ai pris conscience de ce que change le fait d’embarquer plus de monde. Même si je veux garder une équipe à taille humaine, ajouter seulement deux ou trois personnes implique déjà des ajustements : que tout le monde ait le bon niveau de connaissances, que les infos circulent bien, que chacun tire dans la même direction.

Cause et impact sociétal

Au fil des escales, j’ai été de plus en plus sollicité pour intervenir sur les volets sociétaux et environnementaux. Et à chaque fois, je me suis rendu compte de la force de notre discours.

Quand je parle de sobriété, d’inclusion, de ce qu’on fait avec le fond de dotation Handicap Agir Ensemble et le Club Cap Agir Ensemble, les gens sont surpris. Beaucoup ne connaissent pas encore nos actions, et découvrent avec intérêt ce que nous portons. Ça me confirme qu’on a une vraie crédibilité, et surtout qu’il faut continuer à le faire savoir.

Je crois profondément qu’il y a un espace à occuper, une voix à porter dans la course au large : celle d’une performance différente, qui allie vitesse, responsabilité et impact social.

The Ocean Race Europe en un mot

Si je devais résumer cette Ocean Race Europe en un mot, ce serait l’intensité.

Le départ de Kiel, c’était il y a un peu plus d’un mois… et pourtant, quand je pense à tout ce qui s’est passé depuis, c’est comme si l’espace-temps s’était compressé. Tellement d’expériences concentrées en si peu de temps.

Une image restera : ce moment, sur la dernière étape, après des jours à tourner en rond dans la pétole, où le vent revient et où le bateau se met à voler, tout en douceur, sur une mer plate. Un contraste incroyable, qui résume bien cette course.

Et maintenant : la suite

Cette course m’a donné une nouvelle légitimité. Avoir eu la responsabilité de ce bateau, de son équipage, ça m’a conforté : je suis prêt pour la suite.

Souvent, en manœuvrant à plusieurs, je me suis demandé : “Et si j’étais seul, comment je gérerais ce bateau ?” Ces réflexions nourrissent déjà ma préparation pour 2028.

Je me sens compétent, légitime, et surtout j’ai encore plus envie. L’envie de goûter à cette vitesse, à cette intensité, mais cette fois en solo, dans un projet qui me ressemble : sobre, performant, engagé.

Conclusion & récap chiffré

Ce que je retiens, c’est la confirmation que je peux naviguer vite, fort, et différemment. La sobriété performante fonctionne, et elle séduit.

Quelques chiffres de mon parcours sur The Ocean Race Europe :

Plus que le classement, ce que je retiens, c’est la progression. Chaque mille parcouru, chaque panne surmontée, chaque échange dans l’équipage nourrit ma route vers le Vendée Globe 2028.

Pour y arriver, nous avons besoin de continuer à renforcer notre collectif. Le Club entreprises Cap Agir Ensemble reste ouvert aux ETI et PME qui veulent embarquer dans une aventure sportive de haut niveau, utile et inclusive.

Merci pour vos soutiens, vos retours, vos encouragements. Continuons à écrire cette histoire ensemble.

Rejoignez le collectif Cap Agir Ensemble et embarquez dès maintenant vers le Vendée Globe 2028 !

Sébastien.

 

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